La synagogue Ashkénaze de Vincennes

 

 

Dès 1901, le consistoire israélite de Paris décide la création d’une communauté officielle à Saint-Mandé, qui regroupe aussi les fidèles de Vincennes et des communes environnantes. Initialement composée de Juifs alsaciens ayant opté pour la France en 1870, elle a accueilli à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle de nombreuses familles d’Europe Centrale, fuyant la misère et les pogroms. Le 30 mai 1902, le grand-rabbin de Paris, David Léon, nomme le rabbin Willard ministre officiant de la communauté.

 

Le 13 novembre 1903, les époux Viteau, concèdent au Consistoire de Paris un bail sur un terrain situé à Vincennes au 12 rue Charles Marignier sur lequel sera édifiée la nouvelle synagogue. Suite à des modifications dans l’agencement des voies, la synagogue aura comme nouvelle adresse, 30 rue Céline Robert. La construction de la synagogue est confiée à l’architecte Tondu. La cérémonie d’inauguration a lieu le 5 septembre 1907. Les offices religieux se déroulent selon le rite ashkénaze. La synagogue est une des rares synagogues de France qui fonctionnera de façon presque ininterrompue depuis son inauguration jusqu’à nos jours, même pendant les heures sombres du régime de Vichy.

 

 

Le bâtiment de la synagogue est situé au fond d’une petite cour. Avant de pénétrer dans le hall de prière, on entre dans un petit vestibule par un porche à arc plein cintre. Le porche est surmonté d’un fronton triangulaire sur lequel est gravé une étoile de David. Le bâtiment possède un étage réservé aux femmes et se termine par une terrasse, entourée d’une balustrade. Au dessus de l’entrée, le fronton est surmonté des Tables de la Loi. De chaque coté de la cour, des bâtiments administratifs et le logement du rabbin.

 

 

Selon la tradition ashkénaze, l’autel ou bimah est situé juste devant l’Arche Sainte. Pour éclairer la salle, trois fenêtres à arc plein cintre avec vitraux situées sur le mur est, où se trouve l’Arche Sainte, et trois paires de petites fenêtres au premier étage sur le mur ouest, derrière la galerie réservée aux femmes. Les femmes prennent place soit au rez-de-chaussée derrière les hommes, séparées par un rideau, soit au premier étage sur une galerie avec balustrade en bois. Une plaque commémorative remercie le généreux donateur: « Ce temple et ses dépendances ont été édifiés sur un terrain appartenant à l’Association Consistoriale de Paris par les soins de Monsieur Daniel Osiris Iffla sous la direction de monsieur Tondu architecte. MDCCCCVII ».

 

 

Jouxtant la synagogue Ashkénaze, se trouve la Synagogue Beth Raphael, synagogue Sépharade de Vincennesinaugurée en février 2005. Elle se situe dans un bâtiment contigu à celui de la synagogue ashkénaze, construite à la place de l'annexe qui avait été mise à disposition des fidèles séfarades, dans les années 60, avec l’afflux de réfugiés juifs d’Afrique du Nord et d’Égypte. Les prières s'y déroulert selon le rite algéro-marocain ou tunisien.